Other World..

“L’amour n’est pas une relation sociale. Ça ne se dit pas, ce sont des choses qui ne se disent pas. L’amour n’est traduit qu’en silence ou en cri.”

                                                     Camille Laurens

Le langage du corps tient une place primordiale lorsque tu ne souhaites pas confronter directement quelqu’un. Des chercheurs ont ainsi montré qu’une personne n’utilise les mots que pour 7% de sa communication. Analyse bien les 93% restants, correspondants à son attitude..

Une relation sans se voir ni se connaître physiquement, vous-y croyez vous ?

Une voix sans enveloppe charnelle, mais sensuelle et intuitive…

Explorons aussi un sujet très actuel : l’amour par écran interposé. Ces rencontres-là ne sont pas de la science-fiction. Un peu partout dans le monde, des liaisons naissent en ligne et ne se concrétisent parfois jamais. 

Au fil des jours, un jeu de séduction s’installe, plaisant, excitant. Une vraie relation de couple, sans s’être vus, sans s’être embrassés ou câlinés. 

Dans une chronique, cet hiver, Daniel Jones, responsable de la rubrique Modern Love du « New York Times », témoigne de l’ampleur du phénomène. Sur les milliers de lettres de lecteurs qui envahissent son bureau, nombreux sont les témoignages sur les « OnLine only relationships ». A tel point que le journaliste donne un nom à ces amoureux 2.0 : les Smiab, pour « soulmate in a box » (âme sœur en boîte). 

Parfois plus aguerris à la romance en ligne qu’à la drague de rue, ou des mutilés de l’amour qui espèrent s’épargner une nouvelle peine de cœur. La plupart ne se sont jamais vus. Après un premier retweet ou une demande d’ami sur Facebook, ils sont sans crier gare passés du flirt à une passion dévorante.

Il y a un plaisir romantique évident dans le fait de s’écrire, de trouver les mots pour plaire. Au lieu de faire le choix de la vraie vie avec ses malentendus inévitables, on choisit une relation sublimée. » Catherine, vendeuse de 39 ans, a rencontré le beau Jonathan sur un site de jeux en réseau. Pendant les heures creuses, elle peaufine des textos poétiques à son « mec ». Elle a des étoiles plein les yeux : « Dès qu’il y a un peu moins de clients, je commence à réfléchir à ce que je vais lui répondre. Je relis ce qu’il m’a envoyé, ça me met du baume au cœur. » Grisés par tant de romantisme, les e-lovers se laissent porter par la vague…

  • Marceline DESBORDES-VALMORE   (1786-1859)

La fidèle

Si j’étais la plus belle
Comme la plus fidèle,
Je le serais pour toi !
Si j’étais souveraine,
Le roi de cette reine,
Tu le serais par moi !

S’il te prenait l’envie
De demander ma vie
Pour te faire un beau jour,
Cette vie ignorée,
À l’amour consacrée,
Tu l’aurais, mon amour !

Et si tu disais :  » Donne
Beauté, vie et couronne,
Pour orner celle-là,
Cette seule que j’aime… « 
À cet autre toi-même,
Je dirais :  » Les voilà. « 

Car s’il est doux de vivre
Pour s’attendre ou se suivre
Dans le même désir,
Pour une âme enflammée,
Vainement consumée,
Il est mieux de mourir.

Qui est-ce ?

Au féminin comme au masculin, ce jeu fonctionne bien entendu dans les deux sens. Comme le disait   Klapisch, « Chacun cherche son chat.. »Le but du jeu est alors de deviner le personnage choisi par l’adversaire, en posant des questions sur son apparence physique..

Règle fondamentale n°1 :

« Ce n’est pas pour rien qu’un mot se perd, au contraire, s’il se perd c’est qu’il vous attend, car c’est de lui que tout partira, c’est qu’il cherche à vous dire l’histoire. Chaque mot perdu est une clé, une clé qui ouvrirait sur un lieu tenu secret de vous, une clé qui pour peu que vous le retrouviez délivrerait une émotion, un souvenir.. »

L’inconnue X est :

« L’ardeur, la vivacité des sentiments, ce fut toujours le fond de sa nature, un français d’une aisance à faire envie, éclairent d’une façon amusante son caractère. »                                                                 

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«Elle apparaît très franche, trop même, incapable, comme son père, de déguiser ce qu’elle ressent, et comme lui, prompte à la plaisanterie, un peu capricieuse, chieuse aussi ». Sa franchise, selon moi, est sa principale caractéristique ; sa physionomie, ses discours, tout l’annonce…Alors qui est-ce ???

Elle a dit un jour : 

«Il me semble que vous êtes bien prompte à prendre feu et flamme, tâchez donc de tempérer cette imagination ardente, et de faire un peu la sourde oreille à tout ce que vous entendez dire sur le tapis, car vous pourriez bien laisser prendre votre petit cœur à pure perte, ce qui ne laisserait pas que d’être fort piquant et fort mortifiant. »

Vladimir Nabokov – L’inconnue de la Seine (1934)

Hâtant de cette vie le dénouement,
N’aimant rien sur terre,
Toujours je regarde le masque blanc
De ton visage sans vie.

Dans les cordes se mourant à l’infini
J’entends la voix de ta beauté.
Dans les foules blêmes des jeunes noyées
Tu es plus blême et ensorcelante que toutes.

Au moins dans les sons reste avec moi!
Ton sort fut avare en bonheur,
Alors réponds d’un posthume sourire moqueur
De tes lèvres de gypse enchantées.

Paupières immobiles et bombées,
Cils collés en épaisseur. Réponds!
A jamais, à jamais, vraiment?
Mais comme tu savais regarder!

Juvéniles épaules maigrichonnes,
La croix noire du fichu de laine,
Les réverbères, le vent, les nuages nocturnes,
Le méchant fleuve pommelé d’obscurité.

Qui était-il, je t’en supplie, raconte,
Ton séducteur mystérieux?
Du voisin le neveu frisotté –
A la dent en or, et la cravate bariolée?

Ou l’habitué des cieux étoilés,
Ami de la bouteille, des dés et du billard,
Lui aussi, maudit fêtard,
Et rêveur ruiné comme moi?

Et maintenant, de tout son corps tressaillant,
Il est assis, comme moi, sur son lit,
Dans le monde noir, déserté depuis longtemps,
Et il regarde le masque blanc.

***

Vladimir Nabokov (1899-1977) – Berlin, 1934

                      L’Inconnue de la Seine

Et maintenant..

“Quand on croise son destin, le secret s’impose. La magie est à ce prix.”

                                                    Noëlle Châtelet

Lecture des signes, Initiation, Force de l’amour transcendant, Sens des épreuves..Je crois que tout homme a une mission sur terre, mais il nous faut sans cesse entraîner notre volonté pour l’accomplir. Pour réaliser notre destin, il faut sans cesse ajuster des forces paradoxales : la spontanéité et la persévérance, la volonté et l’intuition.»

Les « coïncidences », vu l’absence d’explication causale, devraient être regardées comme des « arrangements sensés ». En rappelant l’importance des signes, l’environnement nous invite à poser un autre regard sur la réalité. Ce qui peut déboucher sur une authentique quête de sens ou… sur un fâcheux comportement superstitieux..

               Cécile SAUVAGE  (1883-1927)     

                                      Destin

Quand j’aurai bien souffert de mon âme muette 
Qui contenait le rythme et les rayons humains, 
Sans l’avoir jamais vue, en des planches secrètes, 
Des hommes la cloueront, ironique destin !

Car ce que j’ai chanté n’est encore que silence, 
Et mon cœur et mes yeux, mon élan contenu, 
À travers la torpeur de la matière immense, 
Sombreront sans un mot, à jamais inconnus.

Quand le fier mouvement sera le froid rigide, 
Quand les beaux yeux pleins d’univers seront creusés, 
Quand la danse des pieds, quand le baiser humide 
Seront le sec, l’immobile, le décharné,

C’est cela, c’est cela, ô ma pure lumière, 
Lumière interne, ô ma musique des confins, 
Quand il faudra que, citadin au cimetière, 
Ton pauvre cœur pourrisse avec tes jeunes mains !

Quand le plaisir a fui de la bouche muette, 
Le sourire ignoré ne vit que sur le front, 
Lumière de l’esprit et de l’âme secrète, 
Appel mystérieux de l’aurore aux rayons…

I’m here for you forever..

« En quittant le noir pour la Blanc, j’ai compris l’amour que mon cœur lui portait. Les sentiments, une palette de couleurs ou chacun peint son tableau. »

                                                                 Antony’M

S’attaquer « au rose de la vie », un virage déroutant mais qui confirme que mon amour est définitivement inclassable. Le temps, lui, passe en un éclair. Mille ans d’errance ne me ferait pas oublier combien elle est précieuse à mes yeux. Un amour étonnant gère toute la création..J‘ai nourri le projet d’aller sonner à sa porte, sous un prétexte quelconque..Oui, la porte de son cœur, une ouverture sur son âme.

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L’âme sœur c’est..

« Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées; … il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. »

                                                               Alfred de Musset

Je ne suis pas un  chevalier, gagné et élevé par l’amour, qui se rend digne d’une femme en adoptant un code moral emprunt de mesure et de générosité, je suis un homme, c’est déjà bien assez..

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              Sensation

Poète : Arthur Rimbaud (1854-1891)

Recueil : Poésies (1870-1871).

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers, 
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue : 
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds. 
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien : 
Mais l’amour infini me montera dans l’âme, 
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien, 
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.

    Arthur Rimbaud

A demi mot..

“Quand un homme est triste, il ne fait rien pour changer sa condition. Quand un homme est en colère, il agit pour le changement.”

                                                             Malcolm X 

Chaque jour, plusieurs fois, notre moi est mis à mal par des mini-vexations déprimantes qui nous font douter de notre valeur d’être humain respectable. Impossible d’en dresser la liste… La personne qui nous bouscule sans s’excuser quand nous sortons de chez nous, le matin, nous donnant l’angoissante impression d’être devenu transparent. À la poste, l’employé qui ne nous adresse pas le moindre sourire et face à qui nous nous sentons réduit à un simple numéro. Au bureau, nos supérieurs hiérarchiques qui se soucient de la productivité avant de penser à notre santé. À la maison, notre conjoint qui nous reproche une broutille et n’imagine pas une seconde que nous puissions être plus fatigué que lui. Au supermarché, le malotru qui nous fait une queue de poisson avec son Caddie pour passer devant nous à la caisse…

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Ces petites agressions presque anodines, ces comportements égoïstes et incivils qui mettent à mal l’estime de soi sont en grande partie la conséquence d’une conception résolument individualiste de la liberté, consistant à « refuser tout repère extérieur, pour faire tout ce que l’on veut quand on le veut, sans tenir compte d’autrui »..

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C’est le « ça » freudien, l’impétueux flot pulsionnel qui mène le jeu et revendique le droit absolu à la jouissance. Une vision de la liberté semblant tout droit sortie de chez Thomas Hobbes, le philosophe anglais du XVIIe siècle pour qui « l’homme est un loup pour l’homme » : « La liberté est l’absence totale d’entraves susceptibles de détourner une part de ma puissance et m’interdire d’accomplir tout ce dont j’ai envie. »

Voyage au centre..

       « Toute vie sur terre, à une échelle macro ou micro, se défend pour survivre. »

                                                                   Antony’M   

 Donc survire sans se défendre, qu’on le veuille ou non, là ça me parait en effet difficile.         

                         -« On retrouve le même fonctionnement dans une société que dans un corps humain ! »

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Le système immunitaire du corps humain met en place des parades adaptées à chaque attaque qu’il subit, que ce soit de bactéries, de virus ou de coups. Les macrophages, par exemple, sont des cellules de protection interne qui s’occupent de dévorer les menaces telles que les spores dans les poumons ou les cellules malades. De même, les quelque 640 muscles du corps, qui constituent 40% du poids d’un individu, permettent de résister sur la durée comme dans l’urgence. La peau, sorte d’armure souple, protège contre les menaces invisibles de l’extérieur. Elle se régénère continuellement, au rythme de 30 000 cellules par minute, pour rester hermétique.

Notre corps est comme une île mystérieuse, il regorge de recoins non explorés, de puits sans fond…Des paysages magnifiques !

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Je fais parfois le lien avec l’imaginaire de Jules VerneRésultat de recherche d'images pour "voyage au centre de la terre"

Des parallèles avec Rudyard Kipling Résultat de recherche d'images pour "image de kipling"

Se défendre pour survivre

Se défendre pour survivre, ça peut se comprendre, et toute entité vivante sur terre ne fait que ça depuis le début de son existence, et continue encore, humains y compris.

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Evidemment pour nous, ce n’est pas la même chose qu’il y a quelques millions d’années quand nous vivions dans des grottes, où nous devions nous défendre physiquement contre des agresseurs qui voulaient nous manger, mais d’une certaine façon, on continue toujours à se défendre pour survivre.

Par exemple: notre corps est toujours en train de se défendre contre des invasions microbiennes, bactériennes, etc… et sa survie dépend d’un subtile équilibre des forces entre ces différentes bactéries et autres bestioles en tous genre.

Se défendre pour réussir…

Maintenant, réussir sans se défendre, est-ce que c’est vraiment pareil?

Formuler les choses de cette manière veut dire qu’on part du principe que par essence, le monde autour de nous, nous agresse et nous attaque pour nous empêcher de réussir ce qu’on veut faire.

Pour être un peu provocateur, c’est se dire qu’à la base, le monde qui nous entoure, et surtout les gens, sont des « ennemis », sont contre nous, contre notre réussite et nous devons donc nous défendre pour y arriver.

Si quelqu’un fait quelque chose qui ne va pas dans la même direction que nous, qui ne nous supporte pas, c’est que forcément, son intention est contre nous, et donc nous devons nous défendre

Dit comme ça, ça parait assez sombre comme vision du monde, non?

Et pourtant, quand on y pense, c’est une façon de voir les choses qui est complètement ancrée dans le langage commun :

    • Défendre son point de vue, ses opinions
    • Se défendre bec et ongles
    • A son corps défendant
    • Défendre ses couleurs
    • Défendre son honneur
    • Défendre une thèse, un mémoire,
    • Etc…

Que d’agressions, pour engendrer autant de défenses…

Car quel besoin de se défendre si on ne se sent pas agressé ou attaqué ?

  • Anna de NOAILLES   (1876-1933)

Le temps de vivre

Déjà la vie ardente incline vers le soir, 
Respire ta jeunesse, 
Le temps est court qui va de la vigne au pressoir, 
De l’aube au jour qui baisse.

Garde ton âme ouverte aux parfums d’alentour, 
Aux mouvements de l’onde,
Aime l’effort, l’espoir, l’orgueil, aime l’amour, 
C’est la chose profonde ;

Combien s’en sont allés de tous les cœurs vivants
Au séjour solitaire,
Sans avoir bu le miel ni respiré le vent
Des matins de la terre,

Combien s’en sont allés qui ce soir sont pareils
Aux racines des ronces,
Et qui n’ont pas goûté la vie où le soleil
Se déploie et s’enfonce !

Ils n’ont pas répandu les essences et l’or
Dont leurs mains étaient pleines,
Les voici maintenant dans cette ombre où l’on dort
Sans rêve et sans haleine.

– Toi, vis, sois innombrable à force de désirs,
De frissons et d’extase,
Penche sur les chemins, où l’homme doit servir,
Ton âme comme un vase ;

Mêlée aux jeux des jours, presse contre ton sein 
La vie âpre et farouche ;
Que la joie et l’amour chantent comme un essaim 
D’abeilles sur ta bouche.

Et puis regarde fuir, sans regret ni tourment, 
Les rives infidèles, 
Ayant donné ton coeur et ton consentement 
A la nuit éternelle…

Libre ou mourir..

“Le désir est sensuel, une manifestation du libre choix ; l’attachement, au contraire, est l’ennemi du libre choix.”

                                                         Toni Bentley

La conscience est-elle source de liberté ou de contrainte ? La conscience de soi, et du monde, engendre t-elle la souffrance..

La conscience psychologique, qui permet à chaque être humain d’avoir connaissance de lui-même, de ses actes et pensées, ainsi que du monde qui l’entoure. La conscience morale, quant à elle, est la faculté qu’a l’homme de discerner le bien du mal, de juger les autres, ou soi-même.

La première, en rendant l’homme conscient de lui-même et des autres, ainsi que de ses actes, lui permet un retour sur lui-même. Ce retour rend possible l’analyse du passé et l’anticipation du futur à un instant présent. Cette triple dimension oblige chaque être humain à avoir connaissance des conséquences de ses actes, que ce soit à court ou long terme, ce qui le rend responsable de son comportement.

Or, cette responsabilité prouve que chaque homme peut choisir sciemment ses actes, en toute connaissance de cause, il est donc libre de choisir. La conscience psychologique semble donc être à l’origine de la liberté de choix caractéristique de l’être humain.

Des divergences…

Selon Freud, la conscience n’est qu’une partie négligeable de l’esprit, régi principalement par les pensées ou les actes inconscients, tels les lapsus ou les rêves. Il affirme qu’aucun homme ne peut avoir de prise sur cette partie de son esprit, comme il en a sur la conscience. 

Sartre, bien qu’opposé à la théorie de Freud, appuie également cette thèse selon laquelle la conscience est à l’origine de la liberté. Au contraire de Freud, il affirme que tous les actes et les pensées d’un individu sont conscients. Donc l’homme selon Sartre est radicalement libre car il est conscient.

Nietzsche appui également cette théorie, en définissant la conscience comme l’élément permettant à l’être humain de connaître et d’exprimer ses besoins en toute liberté. La conscience selon Nietzsche élève donc l’homme en lui conférant ce statut d’homme libre, capable d’élaborer des stratégies de groupe grâce à ce réseau de communications qu’est la conscience.

Ainsi, la conscience psychologique, qui peut être à l’origine d’une certaine liberté confronte néanmoins l’individu à son passé et à son avenir. Cette confrontation peut être la source d’une réelle souffrance, d’une angoisse existentialiste. Cette angoisse peut se manifester par des remords, des regrets, de la mauvaise conscience, ou même des doutes face à l’avenir..

Her mind has come undone, I fear..
Sa raison s’égare, je le crains..
images

                L’appel du large

                  Charles Baudelaire

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le cœur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir, coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Amer savoir, celui qu’on tire du voyage !
Le monde, monotone et petit, aujourd’hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :
Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui !

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

Open your eyes..

                    Poésie Contemporaine

Étouffé mon langage pour ne pas lui dire

J’ai tué les mots, sans même la comprendre

Lettre après lettre, j’ai brisé l’expression

Cet art simple, né de l’action

Marchand de sable pour ses nuits agitées

Comme si le sommeil était à vendre

J’ai bradé la poésie, assassiné Rimbaud

Qu’il me pardonne

L’opacité magnétique en surfant sur une larme

Le brouillard infranchissable, la mer démontée

Traversé les océans de sable et les déserts d’eau salée

Je veux qu’elle me pardonne

J’ai de la lumière dans les yeux

Un animal pris dans les phares

J’aboie aux quatre vents, comme un enfant

Dans un monde sourd et de cécité

Les cœurs saignent en abondance

De la peinture et du solvant

Un tableau, sur fond de nuit noire

Nyx ma déesse, je suis ton enfant roi..

Extrait de : La nuit intemporelle  Antony’M

 

360 !

« Les plus grandes philosophies sont à la portée de tous les êtres humains, mais les plus simples ne sont malheureusement comprises que par peu d’entre-eux »

                                                               Antony’M

On sait que ceux qui serrent leur ceinture en se taisant en bouclent la boucle en la bouclant. Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas de la boucle de ceinture qu’il est question ici.

Pour ceux qui n’aiment pas les choses simples:
Commencez par prendre un pot de peinture blanche et tracez au sol un grand cercle.
Mettez-vous ensuite en un endroit quelconque de ce cercle, puis suivez-en le tracé jusqu’à revenir au point d’où vous êtes parti.
Vous venez de boucler la boucle, au sens propre, car c’est de la boucle dont-il est le sujet maintenant..

« Personne ne doute, d’ailleurs, qu’après cette mort symbolique,  de l’envergure d’un philosophe libre, ne sache rebondir et porter son très grand talent vers d’autres territoires. »

                                                                 Antony’M

C’est bien de cela dont-on parle !

Au figuré, boucler (c’est-à-dire terminer) la boucle (un parcours virtuel en forme de cercle), c’est se retrouver à son point de départ, un peu comme s’il ne s’était rien passé entre le début de ce qui a été entrepris, et la fin.

« L’important finalement dans toute cette belle philosophie, est de savoir quand la boucle est bouclée et passer à autre chose. Tourner sur soi-même, provoque un sillon circulaire suffisamment profond pour s’y enliser ! » 

                                                                   Antony’M

Je t’aime

Je t’aime pour toutes les femmes que je n’ai pas connues
Je t’aime pour tous les temps où je n’ai pas vécu
Pour l’odeur du grand large et l’odeur du pain chaud
Pour la neige qui fond pour les premières fleurs
Pour les animaux purs que l’homme n’effraie pas
Je t’aime pour aimer
Je t’aime pour toutes les femmes que je n’aime pas

Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu
Sans toi je ne vois rien qu’une étendue déserte
Entre autrefois et aujourd’hui
Il y a eu toutes ces morts que j’ai franchies sur de la paille
Je n’ai pas pu percer le mur de mon miroir
Il m’a fallu apprendre mot par mot la vie
Comme on oublie

Je t’aime pour ta sagesse qui n’est pas la mienne
Pour la santé
Je t’aime contre tout ce qui n’est qu’illusion
Pour ce cœur immortel que je ne détiens pas
Tu crois être le doute et tu n’es que raison
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi.

Paul Éluard
« Le Phénix »

Who are you ?

William Shakespeare disait souvent, « Mieux vaut mourir incompris que passer sa vie à s’expliquer ». Je pense sincèrement qu’il avait entièrement raison, en manque de plus en plus de repères, notre société s’isole inéluctablement.

Une société où il est tentant de privilégier l’immédiat et le fragmentaire. Tout le monde s’accorde à reconnaître qu’il existe un « déficit de sens ». Seul l’homme, en souffrant, sait qu’il souffre et se demande pour quelle raison. Face à la souffrance, la raison n’apporte aucune explication satisfaisante.

Dans les sciences, il n’y a de vérité que provisoire. Plus nous avançons dans les découvertes, plus nous observons une complexification croissante.

« On a donné la priorité aux perspectives de gain à court terme sans se soucier des conséquences à long terme du mercantilisme ». A l’heure où nous devons bâtir une société nouvelle, nous devons nous interroger : c’est quoi, le projet, aujourd’hui ?

Toute souffrance est unique et toute souffrance est commune. L’humilité est un élément essentiel de la vie en commun. Refuser l’oubli pour assimiler profondément la vie..En tant qu’êtres libres, nous avons besoin d’autres êtres libres avec lesquels puisse s’établir la communication, qui seule nous permet, aux uns et aux autres, de devenir nous-mêmes.

« La modestie est au mérite ce que sont les ombres à un tableau.Elles lui donnent de la force et du relief. » (La Bruyère)

« Le plus court chemin de soi à soi passe par l’autre. » Il faut que l’autre existe, sans quoi nous nous exposons à la violence, à l’exclusion, au rejet. Je ne crois pas que les fous existent. Il y a seulement des incompris, Jean-Michel  Wyl avait raison.

Découvrir l’autre, entendre l’autre, se laisser aussi façonner par l’autre, cela ne veut pas dire perdre son identité, rejeter ses valeurs, cela veut dire concevoir une humanité plurielle, non exclusive.

On ne possède pas la vérité et j’ai besoin de la vérité des autres. »(Pierre Claverie, Humanité plurielle)

          « Liens »   Guillaume Apollinaire

      Cordes faites de cris

Sons de cloches à travers l’Europe

Siècles pendus

Rails qui ligotez les nations

Nous ne sommes que deux ou trois hommes

Libres de tous liens

Donnons-nous la main

Violente pluie qui peigne les fumées

Cordes

Cordes tissées

Câbles sous-marins

Tours de Babel changées en ponts

Araignées-Pontifes

Tous les amoureux qu’un seul lien a liés

D’autres liens plus ténus

Blancs rayons de lumière

Cordes et Concorde

J’écris seulement pour vous exalter

Ô sens ô sens chéris

Ennemis du souvenir

Ennemis du désir

Ennemis du regret

Ennemis des larmes

Ennemis de tout ce que j’aime encore

Guillaume ApollinaireOndes, Calligrammes 1918